﻿Le gouvernement décidera à partir du 17 mai qui aura l'agrément pour installer une usine de fabrication d'éthanol fonctionnelle à l'été 2007. Le projet local s'appuie sur la production de maïs et s'installerait sur la plate-forme Seveso II de Lacq. Il est porté par la société anonyme AB Bioenergy France, qui rassemble cinq collecteurs d'Aquitaine et Midi-Pyrénées; Abengoa Bioenergy, le premier groupe européen d'éthanol; la première société indépendante de distribution d'essence en France, Dyneff; la société de conseil en matière d'énergie renouvelable, Aquitaine industries innovations; et l'Association générale des producteurs de maïs (AGPM).
Si cette usine de fabrication d'essence à base de maïs s'installait sur le bassin de Lacq, ce serait une manne. Elle permettrait de créer une centaine d'emplois sur le site même et plus de 150 emplois indirects, sans compter ceux générés pendant la phase de construction. Ce serait également un débouché capital pour les producteurs de maïs locaux confrontés depuis peu à la concurrence d'autres pays européens (lire par ailleurs). Mais rien n'est gagné pour le Béarn. « Plusieurs sites français au moins quatre ou cinq à notre connaissance sont sur les rangs pour obtenir ce marché. Ces projets industriels sérieux s'appuient eux aussi sur des filières structurées de blé ou de maïs », explique Claude Lacadée, directeur adjoint de l'AGPM.


Biocarburant obligatoire. Le 17 mars dernier, AB Bioenergy France a déposé un dossier de demande d'agrément auprès du ministère de l'Agriculture pour l'installation de cette usine. Objectif : produire 180 000 tonnes de carburant vert pour un investissement de 135 millions d'euros. Le fonctionnement de l'usine nécessitera 500 000 tonnes de maïs, soit 10 % de la production actuelle d'Aquitaine et de Midi-Pyrénées.
Ce n'est pas un hasard si les projets de fabrication de biocarburants fourmillent. Le gouvernement s'est en effet engagé à tripler leur production d'ici 2007 suite à deux directives européennes de novembre 2001. Celles-ci visent à rendre obligatoire l'incorporation de carburant végétal de type éthanol dans l'essence. A l'horizon 2010, il faudra atteindre 5,75 % d'incorporation. Les parlementaires français ont voté dans la loi de finances 2005 un objectif d'incorporation de 3 % pour 2007, ce qui représente environ 300 000 tonnes.


Engagements pour 2010. Or, le gouvernement propose pour le moment de n'en produire que 200 000 en 2007. « Les volumes que nous, et nos concurrents, présentons, seront au total bien plus élevés que ça, explique Claude Lacadée. Le risque, c'est qu'un seul projet de l'ordre de ces 200 000 tonnes ne soit retenu et que les autres soient laissés de côté. » Les partenaires d'AB Bioenergy France veulent donc inciter le gouvernement à s'engager sur le plus long terme, en mai, au moment où il annoncera le ou les heureux élu(s) pour 2007.
« Avec la profession, nous aimerions qu'il planifie d'ores et déjà la tranche 2008-2010, à la fin de laquelle il faudra atteindre les 5,75 % d'incorporation de la directive européenne. » Pour eux, dans cette perspective, tout le monde serait gagnant. La répartition de la production totale entre plusieurs sites serait alors envisageable et les industriels en lice pourraient engager leur investissement dès 2007 pour monter en puissance les années suivantes. 